France Bleu On se dit tout

On se dit tout – Le départ à la retraite

"On se dit tout" du lundi 26 novembre 2018, sur France Bleu, j'y étais pour parler du départ à la retraite.

Vanessa Lambert m'a fait le plaisir et l'honneur de m'inviter dans son émission quotidienne en tant que grand témoin.

L'exercice n'était pas facile parce que les situations sont tellement différentes les unes des autres. Pourtant, ce fut très intéressant pour moi de pouvoir ainsi échanger avec des auditeurs.

Il y a 15 millions de personnes à la retraite et 700.000 nouveaux retraités chaque année avec toutes les questions qui vont avec, comme le rappelle Vanessa Lambert.

Vanessa Lambert on se dit tout



Etiez-vous plein d’entrain, soulagé dans les premiers temps de votre retraite ou au contraire étiez-vous vous stressé de tout ce temps à ne savoir qu’en faire ? interroge Vanessa Lambert.

Avez-vous décidé de reprendre un travail malgré votre retraite ? Est-ce que vous avez refusé de quitter le boulot ?

Ça paraît simple la retraite. Ah les grandes vacances, enfin ! après avoir durement travaillé. Mais c’est plus compliqué que ça. C’est la fin d’une période, d’une certaine vie sociale mais le commencement d'une autre.

7 auditeurs se racontent


1- Evelyne pour qui ça a été difficile de se retrouver tout d'un coup en dehors de la vie qu'elle avait mené jusque là.

2- Claude qui n'avait pas envie de quitter le métier passionnant qu'il a exercé.

3- Marie-Claire qui fait agrandir sa maison pour sa fille et les siens.

4- Florence qui est libérée, délivrée ! malgré les difficultés financières.

5- Philippe fils de boulanger qui raconte son bonheur d'avoir enfin une vie avec son père.

6- Patrice qui déménage dans un autre département pour pouvoir assouvir sa passion.

7- Et pour finir Isabelle qui nous a raconté ses angoisses de se retrouver en face-à-face continu avec son mari quand celui-ci a pris sa retraite. Et comment elle a fait pour surmonter tout ça.

A ce propos, je vous signale que très prochainement, sans doute pour fêter la nouvelle année, je publie dans la collection MEMENTO un e-book sur le couple : "10 conseils pour bien vivre à deux sa retraite".

Toutes ces histoires accompagnées par les remarques judicieuses de Vanessa Lambert, toujours souriante et pleine d'entrain.

On se dit tout, donc !

Vous voulez savoir ce qui s'est dit ? Vraiment ?



Alors voici ce que les auditeurs ont raconté dans leur témoignage, avec quelques compléments en off ! les commentaires de Vanessa Lambert et ceux de votre de servante. (Vous retrouverez le podcast à la fin de l'article).

Nous commençons par Evelyne, de Marseille.



Evelyne était aide soignante dans un hôpital. Elle est à la retraite depuis 6 ans.

Evelyne aimait son travail. Elle se sentait bien dans son hôpital.

« Oui, j’étais bien au boulot. On m’a forcée. On m’a forcée à partir à la retraite à 62 ans. » déplore-t-elle.

Normalement on n’est pas obligé de partir, on ne peut pas vous forcer avant un certain âge qui dépend du statut (public ou privé) et de la fonction.

Dans le secteur public, le fonctionnaire (catégorie sédentaire) et l'agent contractuel doivent cesser leur activité et liquider leur pension de retraite lorsqu'ils atteignent 65 ans et 9 mois pour les natifs de 1952. Ils peuvent partir à 67 ans s'ils sont natifs de 1955 et plus jeunes. On peut obtenir une dérogation dans certains cas.

En revanche, dans le secteur privé, un employeur ne peut pas vous obliger à partir avant votre 70ème anniversaire.

Cependant, dans certaines entreprises, publiques ou privées, on vous pousse vers la sortie. Il n’y a pas si longtemps encore, les salariés qui approchaient de l’âge de la retraite étaient dénommés « travailleurs âgés » alors que, à 62 ans, on est encore en pleine forme. J’imagine que c’est le cas d’Evelyne. A 62 ans, on a envie de faire plein de choses et on est en mesure de faire plein de choses.

Au début, Evelyne tournait en rond, elle se sentait malheureuse.

Et oui, le passage de l’emploi à la retraite n’est pas évident. Parce que un jour on est au travail, on a des horaires, une tâche précise et du jour au lendemain on nous dit « y’a plus rien » ajoute Vanessa.

La retraite est une grande liberté et ça, c’est un vrai bonheur. Mais liberté, liberté ! Difficile liberté disait le philosophe Levinas. Qu’est-ce que l’on en fait de cette liberté ? Un trop grande liberté c’est aussi un grand vide.

La difficulté c’est que, tout à coup, tout ce qui était régulé, construit par le travail… pfuit… disparaît. La difficulté c’est que l’on va devenir son propre patron, on va devoir prendre des décisions et organiser soi-même ses journées. Ce n’est pas simple et je comprends très bien que ça angoisse. Et ça en angoisse plus d’un en effet.

Mais la situation n’est pas sans issue. Evelyne raconte comment 6 ans après « ça va un peu mieux. Je vais dans des clubs de personnes âgées. Je vais… voyez… Je rencontre du monde. Voilà. »

Vanessa Lambert lui suggère de trouver une association une association, de donner de son temps, pour retrouver ce sentiment d’être utile. Le sentiment quand on se lève le matin de dire « j’ai quelque chose à accomplir ». « Ça vous irait bien je pense. » Et Evelyne retrouve le sourire.

Se poser les bonnes questions

Ce qui est bien c’est de se poser des questions comme : qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est ce que j’ai envie de faire ? Quel genre de retraite j’ai envie de vivre ? A partir de là on peut commencer à avoir des idées de pistes et de solutions que je souhaite à Evelyne de trouver rapidement.

Vanessa Lambert interroge alors les auditeurs : « Il y a peut-être des moments où vous ne saviez plus trop à quoi vous serviez, comme Evelyne ou alors ça a été une révélation, une nouvelle vie qui a commencé ? Un jour on se réveille et on n’a plus besoin de son réveil, ni de prendre sa voiture à telle heure pour aller travailler.

La retraite souvent ça se passe bien mais ça peut être un moment très perturbant. Est-ce que pour vous ce fut le début d’une nouvelle liberté que vous attendiez depuis longtemps ou la fin de votre vie sociale ? Comment avez vous vécu votre passage à la retraite ? Comment le préparez-vous — si c’est pour bientôt.

Nous sommes maintenant dans l’Hérault avec Claude.

Claude : une retraite tranquille



Claude est à la retraite depuis 2017, presque 2 ans. Il n'avait pas envie de quitter le métier qu'il exerçait. C'est pour ça qu'il a différé d’un an son départ.

« J’ai retardé le départ parce que j’avais un métier passionnant, raconte-t-il. Je travaillais à l’aéroport de Montpellier, de nuit, pour les avions de la poste. Pourtant je suis dans la vie active depuis que j’ai 14 ans. La passion a fait que j’ai retardé. Et puis je me suis dit, bon il faut quand même y aller. Et au bout du compte je pense que j’ai perdu 1 an. C’est fabuleux la retraite. »

Claude est quelqu’un d’actif. Il s’est retiré à la campagne — c’est le mot qu’il utilise — au milieu de la nature. « Je fais du bois. Je fais mon jardin. C’est une autre vie qui redémarre. Beaucoup plus tranquille. La vie coule doucement. Et avec joie. »

Claude — comme Evelyne et comme bien d’autres personnes — n’avait pas envie de tourner la page. Parce qu’ils aiment leur travail, parce qu’ils ont un boulot qui les passionne. Mais aussi parce qu’ils ont envie de rester actifs. Souvent la retraite donne le sentiment de ne plus être actif.

Prêt pour la retraite ?

Stère de bois

Il semble que Claude n’était pas tout-à-fait prêt pour la retraite. Maintenant il a trouvé son projet de vie à la retraite, son nouveau rythme.

Claude : « oui, tout-à-fait. Tous les jours sont différents et passionnants. On s’occupe plus de la vie de famille. C’est fabuleux. A tous ceux qui hésitent, je dis ‘allez-y !’ ».

Il poursuit : « Je suis à la campagne. La semaine dernière, je suis allé chercher du bois parce que ici on chauffe au bois. Puis là je suis allé voir la bergère dans la ferme à côté pour chercher du fumier pour préparer mon jardin pour le printemps prochain. Et voilà ça coule comme ça. Je vais voir mon fils qui a un garage, je lui donne un coup de main. Et puis entre nous… on habite un coin où il y a des champignons alors je vais aux champignons. » et il rit de bon cœur !

Les deux facettes de la retraite « retrait »

Parmi les différentes formes de retraite, il y a la retraite retrait.

La retraite retrait a deux facettes : l’une positive, l’autre négative.

Dans le cas de Claude, on est dans la facette tout-à-fait positive. Malheureusement, certains nouveaux retraités le vivent mal et se retirent du monde, avec une tendance forte à la déprime et à la dépression.

Est-ce que vous avez déprimé, est-ce que vous êtes enfermé ? interpelle alors Vanessa.

Ou bien est-ce que vous en avez profité pour faire ce dont vous avez rêvé et que vous n’avez jamais eu le temps de faire ? Reprendre une activité à votre compte, voyager ? Venez nous rejoindre pour nous raconter…

Et là c’est Marie-Claire de Haute Savoie qui témoigne.

Marie-Claire : une maison pour accueillir les siens



Marie-Claire a fêté ses 62 ans au mois de juin. Elle a pris ses 15 jours de vacances. « Donc au début je me croyais en vacances, dit-elle. Il a fait très beau. Je suis allée me baigner au lac près de chez moi (Annecy). J’avais donc toujours l’impression d’être en vacances. »

Marie-Claire fait agrandir sa maison pour que sa fille et son compagnon ainsi que leurs enfants puissent venir s’y installer. Elle fait ajouter une aile à la maison. De très gros travaux. Et ils sont déjà là, auprès d’elle.

agrandir sa maison

« Ils habitent déjà chez moi. En fait, ils sont soulagés parce qu’ils n’ont plus besoin d’emmener les enfants loin, de les faire lever très tôt. Les enfants sont mieux reposés. »

« Je m’occupe de mes petits enfants, de les emmener à l’école. Et pour les chercher une à deux fois par semaine. Ça me permet de ne pas être toute seule mais même quand j’étais seule j’étais très occupée. Dehors j’ai le jardin, les fleurs. Je cours toujours après le temps. »

Fini le trajet domicile - travail

Marie-Claire travaillait dans l’industrie horlogère, en Suisse. Ça ne lui manque pas. De temps en temps, elle appelle ses collègues pour prendre un café. « J’aime bien les revoir mais pour la route ça ne me manque pas du tout. » Et oui, la route à faire tous les matins et retour chaque soir entre la Suisse et la Haute Savoie, ce n’est pas rien. C’est fatiguant et c’est couteux ! Même si on a tissé des liens parfois très forts avec les anciens collègues  et qu’ils nous manquent un peu…

Quand on prend sa retraite on se retrouve tout seul. Tous les gens que l’on côtoyait au boulot, même la jeune femme de l’accueil à qui on disait bonjour tous les matins — qui n’était pas forcément une copine — tout-à-coup on ne voit plus personne. Alors oui, c’est important de conserver des liens. Pourtant, une fois que l’on a pris sa retraite, les liens que l’on a avec le gens qui sont encore dans la vie professionnelle s’estompent. Ce n’est plus comme avant. Mais on se fait de nouvelles relations, on retrouve d’anciennes connaissances.

Et une fois que les travaux seront finis ? demande Vanessa. Vous n’avez pas envie d’avoir du temps pour vous ?

Le temps pour elle, explique Marie-Claire, c’est « quand ils sont à l’école ! Et puis le mercredi après midi la maman ne travaille pas. Elle s’occupe des enfants. Le week-end aussi. Mais ça ne me dérange pas ».

Etre la nounou de ses petits enfants n’est pas une vocation !

Une mamie et une nounou ce n’est pas la même chose. Moi aussi, j’ai des petits enfants. Ça me fait très plaisir d’être avec eux. Mais pas tous les jours. Je suis active, j’ai besoin de faire des choses autrement qu’avec les petits. Etre avec eux de temps en temps, ça me fait du bien mais j’ai aussi besoin de faire des activités pour moi… comme développer Boom génération  !

 

Et Vanessa relance les auditeurs :

« Qu’est-ce qui se passe dans la tête quand on sait que dans quelques mois ça va être votre tour ? Est-ce que vous avez listé les choses que vous aimeriez faire ? Est-ce que vous en parlez autour de vous ? Ou est-ce que c’est un peu silence radio ?

Nostalgie, colère, déprime ou euphorie, liberté, délivrance ? Quels sont les premiers mots qui vous viennent à l’esprit quand vous repensez à vos premiers jours à la retraite ? Est-ce que vous aimez ce statut de retraité ou est-ce que pour vous cela signe la fin de la vie ?

Peut-être êtes-vous officiellement à la retraite et n’avez-vous jamais arrêté de travailler ? Avantages, inconvénients, satisfactions, déconvenues ?

Depuis Angers, Florence est à l’antenne.

Libérée, délivrée : c'est Florence



« Je suis libérée, délivrée. Je l’attendais, cette retraite !

« J’ai commencé à 18 ans, j’étais longue carrière. Bon je suis restée un peu plus parce que… au niveau de l’argent…

« C’est par rapport aux sorties que l’on veut faire et les voyages. Enfin, je ne voyage pas tant que ça actuellement mais c’est plus pour aller voir ma fille qui vit à Grenoble. Maintenant je suis libre pour aller la voir. Avant je la voyais 2 fois par an. Maintenant je la vois un peu plus. Je prends le train. Sinon dans mon petit village, là où j’habite, j’organise des marches. Je marche moi même toute seule. Et [larmes dans la voix] … c’est la première fois que je parle de ma vie !!

« La dernière année de boulot n’a pas été facile. Avec la dématérialisation !

« Moi j’étais au service comptable. J’ai formé une petite jeune pendant 2 ans. Mais je cherchais toujours le papier, les factures parce que j’étais habituée au papier. »

Le témoignage de Florence est très riche car il traite de plusieurs aspects de la retraite.

Tout d’abord, la transmission. Côtoyer des jeunes, transmettre, avant de quitter son emploi, est un moment très intéressant. C’est la partie inter-générationnelle. Ce que l’on a fait sera poursuivi. Parfois, suite à un départ en retraite, le poste n’est pas renouvelé. Ça ce n’est pas top pour le moral de celui ou celle qui s’en va.

La question financière

Porte monnaie

Ensuite la particularité des derniers mois avant le grand saut. Souvent, la dernière année… à la fin, on attend avec impatience le jour du pot de départ. Un peu comme avec une grossesse. Le dernier mois est le plus long.

Il y a la pression, il y a les nouvelles manières de travailler. Pour Florence, c’est l’informatique, le passage au tout informatique qui n’est sans doute pas évident quand on a toujours tout fait « sur le papier ». Cela n’a cependant pas empêché Florence de se construire un nouveau mode de vie.

Enfin, le nerf de la guerre, la question financière. On sait que le pouvoir d’achat pour les petits salaires, les retraités… ne va pas en s’améliorant !

Il y a actuellement de plus en plus… de gens qui reprennent un boulot à la retraite. (voir l’article du blog Travailler à la retraite : un droit ou une obligation ?)

Pour partie, cette reprise permet d’avoir une activité, de se sentir utile. Mais souvent, la motivation a reprendre un travail est alimentaire. Parce que la pension de retraite ne suffit pas.

Comme le disait Florence, les retraités ont des activités. Et ces activités vont couter de l’argent.

Que ce soit pour voir une pièce de théâtre ou prendre le train pour rendre visite à sa fille, ça coute des sous. Les retraités ne sont pas les plus riches de la planète. C’est pour ça qu’on les entend dans la rue aussi en ce moment.

(Vanessa Lambert)  Du jour au lendemain, le téléphone ne sonne plus. On n’a plus besoin de vous. C’est déprimant, comme ça, dit à froid. Mais c’est aussi une certaine réalité de la retraite.

Nous partons maintenant dans le Var pour rejoindre Philippe.

Philippe, le fils du boulanger



Vous, vous n’êtes pas encore à la retraite. C’est votre papa qui est à la retraite depuis quelques mois. Et vous dites : ouah, enfin, il va bien !

« Oui. Ça a été très difficile pour nous. Papa était boulanger. On ne l’a pas beaucoup vu quand on était enfants, raconte Philippe.

« Quand il allait au boulot, ben nous on allait se coucher. Et quand il rentrait, ben nous on allait à l’école. On ne l’a pas vu beaucoup.

« Aujourd'hui, je dis vive la retraite ! Papa en profite. Il est avec nous. On le voit presque tous les jours. On partage plein de choses.

« Il a 5 enfants, (j’ai 4 frères et sœurs) donc il y a de quoi faire. Il n’a pas de petits enfants. On est égoïstes. Il s’occupe de nous. On va le voir, il vient nous voir. On part en vacances ensemble. Et puis on fait plein d’activités…

« On l’a aidé au départ. On est une famille unie. Sa retraite nous a rapprochés. Et cette souffrance qu’on a eu du manque a été récupérée depuis quelques mois. C’est vraiment merveilleux.

« Il est parti de Paris parce que en appartement il tournait en rond. Ma mère et lui on eu la chance de pouvoir quitter Paris et de pouvoir prendre un petit pavillon pas loin d'ici. De le voir travailler dans son jardin… voilà [émotion, larmes dans la voix] c’est merveilleux. »

Philippe rattrape le temps perdu

Baguette pain chocolat

Philippe rattrape le temps perdu. Mais il n’y a plus de pains au chocolat pour le petit déjeuner ! C’est bien aussi d’avoir l’avis des enfants quand on parle de la retraite. Quoique… nous aurions bien aimé entendre le papa aussi.

Ceci dit, souvent, à la retraite, on rattrape le temps que l’on n’a pas pu donner à ses enfants, en donnant du temps à ses petits enfants. C’est aussi un plus à la vie.

Beau témoignage que celui de Philippe.

(Vanessa Lambert) On part rejoindre Patrice en Meurthe et Moselle.

Patrice, le plongeur qui déménage

 

Patrice est un très très jeune retraité : ça fait tout juste 1 semaine qu’il a quitté son emploi !

« Là c’est retraité vacances. Dans une semaine, ce sera retraite officielle. Comment ça va ? Moi ? je me sens le roi du monde.

« Le roi du monde ! J’ai travaillé dans le privé. Dans l’amiante. Du coup, j’ai pu partir 3 ans et demi plus tôt, à 58 ans.

« Mes projets ? Oh la !  » Patrice a un projet de déménagement : il vient de mettre sa maison « en estimation ». Il pense que d'ici au 1er février, dans 3 mois, elle sera vendue.

plongeur sous marine

« Je vais chercher quelque chose en Charente Maritime où je vais pouvoir m’adonner à la plongée qui est mon sport favori. Voilà. Et puis partir à Bali 3 ou 4 mois par an. Voilà les projets. Ce n’est pas ce qui manque, les projets. »

Pour Patrice, les choses sont un peu programmées mais il se laisse quand même une certaine marge, comme le constate Vanessa Lambert.

Programmer mais pas trop…

Je complète ce constat en rappelant ceci :

Au cours de mes nombreux entretiens avec des jeunes retraités et des quasi-retraités, j’ai rencontré des gens qui ont tout programmé "au quart de poil", quasiment à la minute près. Ça me fait un peu peur pour eux. Mais dans le cas de Patrice, il y a un peu de souplesse.

Pour autant, Patrice se programme une très grosse transformation : un déménagement dans les 3 premiers mois de sa retraite. Il va quitter la Meurthe et Moselle pour aller en Charente Maritime, à 800 km de là ! mais, heureusement, il a une passion : la plongée sous marine.

Dans un autre bouquin que j’ai publié, je raconte l’histoire d’un couple qui a déménagé, comme Patrice, au moment de la retraite et… je souhaite que, pour Patrice, ça se passe, heu… pas comme pour ce couple !!

(Vanessa Lambert) Merci Patrice. Isabelle est avec nous depuis Limoges.

Isabelle et le renouveau du couple



On va parler avec vous du couple à la retraite. C’est important et on ne l’a pas encore abordé dans cette émission. Ça vous stressait de vous retrouver seule avec votre mari ?

« Oui. Exactement. Ça me stressait énormément. 6 mois avant que mon mari ne prenne la retraite, quand il me l’a annoncé, et bien ça m’a beaucoup angoissée au point de faire une déprime.

« Alors il était très malheureux de voir que je le prenais si mal. J’avais très peur de me retrouver avec mon mari alors que moi ça faisait déjà plusieurs années que j’étais à la maison et que j’avais ma petite liberté.

« J’étais triste aussi de savoir que je lui gâchait sa retraite alors que finalement… On est quand même habitués à vivre à deux ! Ça fait plus de 40 ans qu’on est mariés !

« Pour retrouver un équilibre, j’ai discuté avec lui et je lui ai raconté mon mal-être, ce que je ressentais, pourquoi je n’étais pas bien. On a beaucoup discuté.

« Ça fait 5 ans maintenant qu’il est à la retraite. On fait de la danse de salon ensemble, on fait des voyages, on s’occupe de notre petit-fils. Il fait son sport de son coté et aujourd'hui je trouve qu’il nous manque du temps pour être ensemble ! » et ça fait rire de bonheur Isabelle !

« On a même fait une thérapie de couple. Et maintenant il s’occupe bien de moi, moi pareil. »

Quand ça coince, il faut en parler

renouveau du couple

Quand on travaille, on ne se voit pas toute la journée. En effet. Chacun a une vie de son coté. Le problème au moment du départ — ou plutôt du début de la retraite — c’est de trouver la bonne distance. La bonne distance dans le couple.

Et puis d’en parler. C’est ça qui est important. Ç’est l’objet de mon prochain bouquin. Il est quasiment fini. Mon prochain e-book porte sur le couple au moment du passage à la retraite. Parce que ce que raconte Isabelle est relativement fréquent. Tout le monde ne fait peut-être pas une dépression mais…

Il faut trouver la bonne distance entre ce que l’on fait ensemble et ce que chacun fait de son coté. Pour avoir sa propre liberté et pour avoir des choses à se raconter le soir !

(Vanessa Lambert) Vous êtes même plus amoureux qu’avant, j’en suis sure !! C’est ça qui est beau de se dire que, si à un moment il y a quelque chose qui coince, on peut en parler.

Voilà. L’émission se termine. Si on veut aller plus loin, il y a le site Boom Génération et son blog.

Merci à vous Sylvie Lidgi d’avoir été avec nous.

Merci à Vanessa Lambert et à son équipe, merci à France Bleu  de m’avoir invitée.

 

Le podcast est ici : Comment vous êtes-vous préparé à la retraite ?