Le « Soufflé Retraite » : quand le moral tombe à plat

Le blues, la déprime, parfois même le burn-out : c’est ce qui attend les jeunes retraités qui ne sauront pas faire face au changement, à leur nouvelle vie qui commence juste après le pot de départ.

Le futur retraité a fait sa liste, au moins dans sa tête, de tout ce qu’il pourra faire quand, enfin, il partira à la retraite. A lui (à elle !!) les voyages aux quatre coins du monde, le bonheur d’emmener ses petits-enfants au cirque ou à la pêche. Il/elle pourra enfin ranger ses photos, visiter l’expo convoitée et, pourquoi pas, se mettre au chinois, élever des moutons dans le Larzac, militer dans une association, et bien d’autres choses encore.

Il y a eu le pot de départ de Jacques, un de vos collègues, où l’adjoint du DG a fait un super discours (vous êtes irremplaçable et tout) et les collègues se sont cotisés pour un magnifique cadeau. Il y a eu le pot organisé juste pour les copains. Et encore une ou deux festivités du même acabit. La vie professionnelle de Jacques est derrière lui. Il a rendu ses clés, ses badges, sa carte de cantine et le reste. Il ne fait plus partie de cette vie-là.

Quelques mois ont passé.
Notre frais émoulu retraité a rangé ses photos. Il a fait un beau voyage avec son épouse. Il ne voit plus grand monde. Les collègues lui ont bien proposé de venir déjeuner, à l’occasion. Mais, ce n’est plus pareil. Les sujets de conversation ne viennent plus naturellement.
Notre tout jeune retraité se réveille un matin avec un sentiment d’ennui profond et l’impression de ne plus servir à grand-chose. A quoi bon s’habiller correctement si on ne voit personne ! Je reste en jogging, en peignoir. Je fais un passage hyper rapide dans la salle de bains et ça ira bien. De toute façon, les anciens collègues, les gens dans la rue me considèrent comme un vieux crouton. Alors à quoi bon ! « Tu t’laisse aller, tu t’laisse aller » chantait Aznavour. Notre tout jeune retraité n’a plus gout à rien, ne sait plus s’enthousiasmer, il n’a pas appris à saisir les petits moments de plaisir, les petits bonheurs qui pourraient s’offrir à lui. Il ne sait pas comment les faire exister, ces moments là.

Il traverse une crise
Il traverse une crise, un crise existentielle (c’est aussi arrivé à la secrétaire du président, Jacqueline, que vous connaissez bien !). C’est le blues, la déprime qui peut déboucher sur bien pire. Les plombs qui sautent. La tentative de suicide. Difficulté extrême d’affronter cette nouvelle vie où beaucoup de choses sont à construire. Pour le couple, c’est souvent mortel. Et en plus, chacun le sait, sur le plan financier, c’est plus dur qu’avant. Enfin, les revenus sont plus faibles (hep, les dépenses ne sont plus les mêmes non plus !).
Chez les jeunes mamans, ça s’appelle dépression post-partum. Comme elles, papy (notre jeune retraité qui déprime devient un vieux papy en un clin d’œil) papy – disais-je – a le blues. Car qui dit retraite, dit changement d’organisation des journées, changement de rythme quotidien… et fin des repères connus depuis 40 ans sur lesquels s’appuyer. Et c’est vrai qu’à 60 ans, c’est un grand chambardement, et ce n’est pas forcément évident d’affronter ce qui apparait comme des montagnes d’adversité.

Pourtant, la retraite a de bons cotés.
Fini les contraintes dues au travail. Cette nouvelle liberté nous offre la possibilité de faire des tas de choses qui nous plaisent, et pas juste ranger ses placards. La retraite est pleine d’opportunités nouvelles qui s’offrent à nous. Apprenons à les découvrir et à en profiter.
La meilleure façon d’affronter cette crise existentielle, c’est de se construire un projet pour les années à venir. Nous avons gagné 20 ans de vie sur les générations précédentes !!
Bientôt je vous parlerai de ces jeunes retraités qui, pour ne pas sombrer, vivent à 100 à l’heure en se grisant d’une foule d’activités. Ce n’est pas vraiment mieux.