2018, réforme du financement des retraites

La longue période électorale se termine. Le paysage politique en ressort bouleversé. Et les projets de campagne du nouveau Président pour le financement des retraites devraient arriver sur l’agenda 2018.

Notre système de retraites est un peu compliqué. Nous avons 37 régimes de retraite différents, chacun ayant ses propres règles de calcul des pensions. Le plus frappant est celui qui oppose le secteur public au secteur privé : la pension de retraite est calculée sur les six derniers mois de salaires dans le public et sur 25 ans pour les salariés du privé !

Un seul régime pour tous !

Le projet de réforme prévoit d’instaurer un régime universel qui se substituerait progressivement (sur 10 ans) aux 37 régimes existants actuellement.

Le dispositif du régime universel s'inspire du système Suédois qui reste, malgré tout, un système de retraite par répartition (dans lequel les actifs "financent" les pensions des retraités).

Dans ce modèle, chacun cumulerait ses cotisations sur un compte virtuel qui seraient revalorisées chaque année selon l’évolution des salaires. Au moment du départ en retraite, on applique au montant total de la cagnotte un coefficient basé sur la pénibilité, l'espérance de vie et l'âge de départ. On obtient ainsi le montant de la pension de retraite. Le principe est le suivant : plus on part tard, plus la pension est élevée.

La durée de cotisation — le fameux nombre de trimestre — disparaît. Le critère de taux plein (ou non) disparaît lui aussi. Seul le montant cumulé sur le compte virtuel détermine le montant de la pension.

Le principe des "bonus" aux chômeurs, des années comptent double pour les maternités sont conservés. La pénibilité est intégrée au nouveau système. Les taux de cotisation restent différentiés selon le statut (salarié, indépendant etc.).

Question : est-ce que le coefficient va bouger au fil du temps ?

Le système de répartition actuel est en déficit chronique puisque le nombre de retraités est à la hausse quand, en même temps, le nombre d’actif est à la baisse. C’est mécanique. Puisque l’argent distribué sous forme de retraite provient directement (question de trésorerie) des cotisations des actifs. Grâce à la réforme, le système va s’équilibrer : le coefficient joue le rôle du robinet. Ainsi, si la croissance est à la baisse, le niveau des pensions baisse également !

Autre inconnue : l'avenir des régimes Agirc et l’Arrco. Actuellement, ces caisses sont gérées par les partenaires sociaux… La gestion sera-t-elle strictement encadrée par l’Etat ? La question est douloureuse ! Et que deviendront les régimes complémentaires des fonctionnaires qui leur permettent depuis 2005 d'accumuler des droits à pension par des cotisations prélevées sur les primes ?

La réforme du système de retraites est prévue pour le courant de l’année 2018. Pas si simple de savoir à quelle sauce seront mangé les futurs nouveaux retraités…